Témoignages de naissance

Emmeline a failli accoucher dans le couloir

Voici le petit récit de la naissance de notre surprise, notre alternative à l’accouchement à domicile (vu qu’il n’y a pas de sage-femme dans le coin et que j’ai un mari légèrement flippé ;-))

Vendredi : vers 23 heures j’ai des petites contractions toutes les 10-15 minutes. Vu la hauteur de *kinder* dans mon bidou (qui pense que la sortie c’est par la bouche) je me dis que c’est juste mon col qui travaille tout doucement.

La grande, fiévreuse depuis la sieste, m’appelle (!) Sitôt arrivée dans sa chambre, voilà qu’elle vomit partout ! Branle bas de combat, changement des draps et Cie entre deux contractions qui se rapprochent un peu, mais toujours sans trop d’intensité.

Je demande à une amie de conserver son téléphone allumé par précaution, et zou, je m’attèle à préparer les valises pour la maternité (pas du tout en retard la fille). Tandis que mon mari s’occupe de la grande, je m’active entre deux contractions.

1 heure du matin, nous arrivons enfin à rendormir notre grande et je lui dis d’aller dormir, que je vais prendre 2 Spasfon et un bain pour voir ce que ça donne… Le bain me fait du bien mais les contractions persistent. Au bout d’une heure, je sors du bain car je suis vraiment douloureuse et rester dans ma bulle est compliqué.

2h15 je réveille mon mari et lui dis d’appeler mon amie pour qu’elle vienne gérer la grande et qu’on doit filer car c’est trop douloureux ! Il s’en est rendu compte vu mes bruits (sons graves)… Il panique légèrement (ironie ahahah). Je prends donc les choses en main après m’être vidée aux wc. Et zou j’appelle mon amie, je dis à l’homme ce qu’il faut prendre, et je file m’habiller.

Les contractions sont très rapprochées et douloureuses. On attend notre amie dehors. Mon mari me dit « Allez monte on y va »… « Mais bien sûr, monsieur le gendarme, je vais laisser ma fille seule ! »

2h40 mon amie est là ! Consignes données rapidement et zou je monte dans la voiture !

2h45 nous arrivons aux urgences. Faire 20 mètres devient impossible J’essaie à chaque contraction de me remettre dans ma bulle, sauf qu’elles ne me laissent pas de répit ! Mon mari partira devant pour faire les papiers. J’arrive. Je vois mon mari tremblant en train de tendre des feuilles. Ça me fait sourire car je souffre le martyre physiquement et lui dans sa tête c’est pire je crois !

Deux urgentistes arrivent avec un fauteuil mais impossible pour moi de m’asseoir, de me poser ou quoi… ça pousse ! Ils m’ouvrent la double porte et on file à l’aventure avec mon mari…

Les secondes passent le couloir est immense… je m’arrête et tire sur mon pantalon en criant à mon mari (toujours en panique totale) que ça pousse, que je ne peux plus avancer. Il lâche toutes les affaires en plein milieu du couloir et tente de trouver la maternité.

J’attends et tire sur mon pantalon et ma culotte pour laisser sortir *kinder*. Deux sages-femmes arrivent en courant. Elles empruntent un lit au hasard dans le couloir et j’y monte un peu à l’envers, cul à l’air. Elles tentent de me cacher avec un coussin et courent à travers ce long couloir pour qu’on arrive dans la salle d’accouchement. Elles veulent me transférer sur la table mais impossible pour moi de bouger ! *kinder* pousse.

Elle me dit d’y aller, alors, et de laisser faire. Une longue poussée et plouf, la poche se perce, la tête passe, une petite poussée et je sens tout son petit corps passer ! Quelle sensation !

2h58 notre petite Élie se blotissait contre nous avec tout l’amour du monde ! Réconciliée avec cette maternité qui avait médicalisé +++ la grossesse et l’accouchement de ma première, j’ai pu vivre un moment unique avec des sages-femmes bienveillantes et vraiment attentives à mon bien être.

Peau à peau, pas d’urgence pour les soins, cordon coupé tardivement, placenta sorti seul… Un pur bonheur, vraiment ! J’aurais vraiment souhaité mener un aad, mais qui sait, peut-être dans une autre vie j’aurais cette chance, ou bien mes filles l’auront.

Epilogue :

Quand j’ai dit à Emmeline : « Vraiment bravo ! # ne pas partir trop tôt à la maternité dans toute sa splendeur ! ;-)) Magnifique ! Merci de ce partage ». Elle a ajouté :

Merci ! En effet, dans ma tête c’était partir au dernier moment. Je me demandais quand j’allais le savoir, eh bien en fait c’est instinctif ! À y repenser je me dis que j’ai vraiment laissé mon corps en mode pilotage automatique. Exit le cerveau, exit les ressentis, bonjour la confiance et le mode animal ! Et quel bonheur de ne pas chercher à se contrôler ! Vraiment je ne me pensais pas capable de ce qui s’apparentait pour moi à un miracle, alors que c’est juste la nature, la vie, l’essence même de la femme !

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