On ne vous dit pas tout

Comment les contractions travaillent à ouvrir le col

Utiliser un ballon et une balle de ping-pong pour montrer comment le col s’amincit et se dilate pendant le travail, c’est ce qu’a montré de manière ludique Liz Chalmers dans une vidéo pour sa nièce Charlotte qui travaille à devenir éducatrice de naissance en Nouvelle Zélande. Et surprise : la vidéo est devenue virale !

Avec son aimable autorisation, j’ai pu travailler à diffuser la vidéo avec des sous-titres en français sur la page Facebook Projet de Naissance.

Traduction : Sophie N’guyen.
Montage vidéo : Sophie Gamelin-Lavois
Lien originale : en anglais

Liz Chalmers : Je vais vous montrer comment on utilise la balle de ping-pong et l’exercice avec le ballon.

C’est un truc que j’ai trouvé dans un atelier génial qui s’appelle « Stop aux cours de préparation à l’accouchement sans intérêt ». Si vous avez un jour l’occasion d’assister à cet atelier, il est vraiment génial. Tout d’abord, il faut une balle de ping-pong et un ballon et si vous essayez d’ouvrir un peu et d’introduire la balle, elle va rester coincée et comme je le dis toujours en cours « coincé » est un mot qu’on n’aime pas entendre dans le contexte de l’accouchement, donc tout ce que vous avez à faire c’est de mettre les doigts tout au fond du ballon et l’ouvrir à fond et y mettre la balle.

J’aime bien que les participantes le fassent, aient chacune leur ballon, c’est toujours amusant et puis on en plaisante toujours après. Ensuite, on a cette balle de ping-pong dans le ballon, on va le gonfler à peu-près à la moitié, à peu près comme ça, et ensuite on va laisser la balle descendre jusqu’au col du ballon, on va tirer un peu sur le col, ça aide vraiment et là, vous pouvez lâcher le col, et le ballon ne se dégonflera pas.

Et je montre aux participants, si vous appuyez sur les côtés du ballon comme ça, il ne se passe pas grand-chose au niveau du col et ça ne s’ouvre pas vraiment. C’est ce qu’on appelle les contractions de Braxton Hicks, il s’agit juste d’un entraînement aux contractions qui arrivera de plus en plus souvent vers la fin de la grossesse mais elles ne font pas grand-chose sur ce qui doit se passer au niveau du col.

Les vraies contractions sont celles qui se situent au sommet de l’utérus

Donc, les vraies contractions sont celles qui se situent au sommet de l’utérus, c’est là d’où part la puissance des contractions. Les fibres musculaires du haut de l’utérus se raccourcissent et s’épaississent, ce qui fait pression sur le somment et pousse les côtés de l’utérus vers le haut ici.

Et comme avec les vraies contractions, j’ai déjà serré puis relâché et encore serré et relâché. Je le fais un tout petit peu à chaque fois et vous voyez comme on a cet effacement ou amincissement du col de l’utérus en bas, on n’a pas vraiment de dilatation pendant que le travail est encore à l’effacement du col.

C’est la plus grosse partie du travail qui se fait en début du travail, c’est donc plutôt une phase sur l’effacement et beaucoup moins sur la dilatation. Donc, une fois qu’on arrive à un raccourcissement plus important, un effacement plus visible, alors on va commencer la dilatation du col.

Et là, il y a beaucoup de gens que ça stresse, qui disent « Oh non, je ne veux pas pousser ». Donc là je plaisante et je fais comme si on était vraiment en train d’accoucher et je leur dis « respirez, doucement, c’est magnifique, vous vous ouvrez, et poussez juste encore une fois… Et voilà ! Et c’est toujours un cours de prépa où tout le monde s’éclate, on s’amuse vraiment.

Et je dis toujours à la classe : montrez ça à vos jeunes enfants si elles ont des enfants, c’est donc juste un cours de révision pour montrer à vos aînés parce qu’il trouvent ça toujours amusant de voir comment sortent les bébés.

Et puis si vous êtes en réunion de travail et que vous vous ennuyez, faites ce cours là-bas aussi ! Voilà, je suis bien heureuse de savoir que tu vas faire cours de prépa comme ça grâce à moi.

Cette vidéo avec le ballon et la balle de ping-pong, illustrant comment les contractions travaillent à l’ouverture du col, est carrément devenue VIRALE sur Facebook ! Elle a été dans le fil d’actualité de 1.600.000 personnes en seulement quinze jours sur la page Facebook Projet de Naissance.

Dans les commentaires, il y a eu beaucoup de réactions sur le moment où la balle est expulsée. Pourtant, en rester au seul « effet WOAW » qui stresse les futures mamans (tentées aussi d’accoucher sans péri) serait réducteur. Alors je vais developer ci-dessous quelques infos essentielles.

Ce qu’il est bon de savoir : c’est que c’est l’utérus qui fait le plus gros « travail ». La « poussée » qu’on demande à la mère quand on dirige les choses à sa place peut se faire en douceur. Réfléchir aux conditions de naissance est important pour favoriser cette physiologie.

Ce qu’il est bon de savoir : c’est que l’utérus est en soi un muscle assez fort pour faire le job. Et que le fait d’appliquer une pression manuelle sur le fond de l’utérus pour faire naître le bébé plus vite (« expression abdominale ») est interdite depuis 2007 par la Haute autorité de santé.

Ce qu’il est bon de savoir : c’est que la taille de la balle de ping-pong qui « passe » dans le col de latex du ballon est proportionnelle à sa taille. C’est idem pour le passage du bébé dans le vagin. Oui, on pourra se pousser du coude et pouffer, ou se tirer la paupière inférieure en disant « mon œil, c’est quand même pas pareil ». Pourtant, dès lors que le col s’est complètement ouvert, le vagin se « déplisse » au passage du bébé, et si on laisse le temps, justement, à l’utérus de faire lui même cette poussée sans forcer le périnée, l’accouchement peut être autre chose qu’une expérience violente …

Ce qu’il est bon de savoir : chaque femme est particulière, elle n’est pas une moyenne ! On considère malheureusement comme une vérité que la moyenne d’ouverture du col est une ouverture d’un centimètre par heure. C’est pourtant une c%#~e! de se baser sur une moyenne ! Ce serait comme de dire : la moyenne des françaises chausse du 38 donc on va vendre seulement du 38 en magasin. Ainsi, en plusieurs décennies, le temps d’accouchement considéré comme « normal » est passé de 36h à 12h ! À combien de femmes dit-on à tort que « le travail n’avance pas » ?

Ce qu’il est bon de savoir : quant au « pourquoi » le col ne s’ouvre (soit-disant) pas. Il est intéressant d’évaluer différents aspects et celui qui vient en premier est l’aspect psy : on se culpabilise d’avoir une histoire de famille généalogique compliquée, d’être bloquée, d’avoir un « problème » etc. Mais parfois c’est juste que l’on n’a pas laissé le temps au temps . Si le départ a eu lieu trop tôt à la maternité alors le changement de lieu peut stopper l’avancée du travail et il faut du temps pour refaire sa bulle. Parfois c’est vraiment foutu quand des protocoles intrusifs viennent ajouter au stress. Et on sait que le stress n’est pas le meilleur invité dans le travail de l’accouchement.

Ensuite : le lieu ou les modalités choisies sont-ils bien ce qu’on voulait et non pour « faire plaisir à » ? Y a t’il eu des fausses couches ou décès in utero lors de grossesses précédentes qui stressent la maman, qui a peur de « s’ouvrir » ? Ou des conditions de couple difficiles ? Une histoire douloureuse ? Bref.

Il est important que des conditions de bien être et de confiance soient réunis. Être bien ancrée en ses sensations pour ne pas être dans la situation de « subir » est important. Ce qu’il est bon de savoir : les sensations des contractions de début de travail sont la plupart du temps différentes de celles qui partent du haut de l’utérus. Parfois, le travail met du temps à débuter. Mais il y a un moment où on les sent plus efficaces, plus fortes, plus intenses : ce moment où si on nous demande notre numéro de sécu on aura envie d’envoyer promener la personne.

On considère que le travail est bien lancé à partir de 3cm d’ouverture. C’est pourquoi une péri n’est pas posée avant. Rappelez-vous qu’une contraction a un début et une fin. Que chacune qui est passée vous rapproche de votre bébé. Ne vous laissez pas dire que c’est « trop » difficile.

# enjoy having a baby !
Sophie Gamelin-Lavois

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